Acouphènes-Parade - deuxième partie vidéo-musique

Extrait du récit Acouphènes Parade > Je me suis enfui dans la forêt de Dracula, en Transylvanie, pour chercher la paix. Arrivé dans la vallée, je trouve une multitude de petites habitations secondaires, des cabanes dans la forêt, collées les unes aux autres. Les systèmes stéréo crachent une pollution mentale apparentée à la musique commerciale, comme un cauchemar d’ondes électromagnétiques. Millions et millions d’auditeurs. Je suis élitiste et intolérant question musique. L’univers n’est pas constitué de bruit et de silence mais de musique et d’anti-musique. Chacun possède son “Ghetto Blaster” réglé à fond les décibels. Partout des antennes satellites !

Partout des ondes hertziennes, courtes, moyennes, longues, wifi, micro, giga, mega, ultra-hautes fréquences ! Panique. Je quitte la vallée en courant. Arrivé en sueur sur les contreforts de la montagne, en pleine forêt, les sapins ressemblent à des antennes. Bombardement de chewing-gum à la chlorophylle au milieu des fleurs des bois. Menace. Mon chemin traverse les lignes haute tension. J’entends un bruissement comme du vent électrique dans les arbres, ça fait froid dans le dos : vibration grave d’un très fort niveau de 100000 volts. La fée Électricité est devant moi, celle du fameux disque d’André B. : “Les chants magnétiques”. Épidémie médiatique. Dans la vallée, les minarets ressemblent à des relais de télévision, les cathédrales à des haut-parleurs. Le torrent génère un bruit blanc, il apaise mes oreilles. Le torrent semble charrier toutes les sublimes mélodies des montagnes folkloriques de l’est d’EuroKâ. Torrent d’émotion.

Etienne Brunet : video, electronics, voix, alto sax
Léo Brunet : Guitare, Mamadou Faye : bass


retour